Votre enfant est-il réellement libre?

Allez, un peu de philosophie….

Il est conventionnel de penser que l’absence de règles, l’absence de restrictions, l’absence de limites nous permet d’être libre, n’est-ce pas? Cela est une pensée assez répandue et une forte conviction de nos jours. Nous voulons être libre de toute contrainte. Etre libre quoi.

 

Mais pas selon Isaiah Berlin, philosophe qui a entrepris de rechercher la signification de la liberté dans toute sa dimension! Il a passé en revue et élaboré deux types de libertés. La liberté positive, et la liberté négative.

  • Alors de quoi s’agit-il?

La liberté positive est la liberté définie par “libre pour…”. La liberté négative est la liberté définie par “libre de….”.

  • Ok, non… Toujours pas…

Ok, alors:

La liberté négative est par définition une liberté qui se réclame de l’absence de toute contrainte, et limites: en d’autres termes, libre de….. Pour l’éducation des enfants, cela voudrait dire qu’il n’est soumis à aucune limite, aucune règle, aucun interdit, aucune restriction. Ainsi, il est libre. Libre de faire ce qu’il veut. Cela peut être un penchant pour les parents, de lui permettre d’être libre.

La liberté positive quant à elle donne un cadre, des limites, des règles, des “contraintes” bienveillantes qui ne focalisent pas l’attention sur celles cis, mais bien sur l’espace, la cour de récréation, l’intérieur dans lequel l’individu peut s’épanouir. En d’autres termes cette liberté positive est: “libre pour…” La règle, la limite, la contrainte est posée consciemment de manière non restrictive mais permissive à l’intérieur de celle-ci.

 

Et l’éducation des enfants dans tout cela?

 

Pourquoi poser des limites? Par définition, nous aimons enfreindre les limites. Les enfants aussi. Dans l’éducation des enfants il s’agit non seulement de poser des limites mais d’être pédagogique en les posant. Comment?

Comme Isabelle Filliozat le dit dans son livre j’ai tout essayé: présenter à l’enfant cet espace dans lequel il peut s’épanouir, avec le droit de faire toutes sortes de choses, bénéficier de libertés et permissions plutôt que d’attirer son attention sur les frontières.

Donner des informations, expliquer les alternatives au lieu de constamment parler des interdits.

 

En quelques sortes, plus votre enfant est soumis à des règles bienveillantes, plus il y a du sens dans ce cadre, plus il y a de limites bienveillantes, et plus il sera libre… Et non l’inverse!

Montrons-lui qu’il peut devenir heureux en lui montrant une liberté positive. Pour être libre, il faut avoir des contraintes et barrières qui nous renvoient sur un espace épanouissant. Sans cadre, sans limites, un enfant ne peut être libre. Mais un enfant roi… Et là, on est tous prisonniers.

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